Littérature et café chaud (99)

Littérature ancienne comme moderne, en français comme dans d'autres langues

Mathieu Goux

Cinna, ou la Clémence d'Auguste (1640, Corneille)

Pendant bien des années, il n'y avait pour moi de tragédie que de racinienne. Comme j'eus à le raconter, ma rencontre avec Bérénice fut pour moi primordiale, et elle influença l'ensemble de mes goûts. Ce n'est que plus tard que je lus Corneille, et Le Cid, déjà, m'avait contenté ; mais survint un jour Cinna, et rien ne fut plus certain.

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Mathieu Goux

Illusions perdues (1843, Honoré de Balzac)

Il est de grands auteurs, ou présentés comme tels, qui m'ont toujours laissé plus ou moins froid. Aussi, Victor Hugo (à quelques exceptions notables, dont L'homme qui rit), Zola, Diderot, et Honoré de Balzac. Du moins, pour avoir lu toute son œuvre, je peine à dire que tout me plaît ; mais paradoxalement, je suivrai l'avis de chacun et je considérerai que de tout, Illusions perdues est sans doute l'un de mes romans favoris.

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Mathieu Goux

Gaspard de la Nuit (1842, Aloysius Bertrand)

J'avais parlé il y a peu d'un « petit décadent  », Jean Lorrain ; je m'en vais à présent parler d'un « petit romantique  » découvert lors de mes études. S'il est en effet une qualité que je prêterai toujours à l'Université, c'est bien celle-ci : pouvoir découvrir des œuvres et des auteurs qui, sans cela, seraient restés en-dessous de notre radar à jamais.

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Mathieu Goux

Monsieur de Bougrelon (1897, Jean Lorrain)

De la même façon qu'il existe des « petits romantiques  », des auteurs qui sont bien moins connus que les Hugo, que les Chateaubriand ou les Vigny, il est des « petits décadents  », des écrivains ayant fait l'essentiel de leur carrière à la fin du dix-neuvième siècle et que les pensums des chercheurs ont, depuis, oublié. Bien moins cité dans les anthologies qu'Huysmans, Jean Lorrain mérite bien que l'on s'y arrête, ici par l'intermédiaire de ce que je juge être son chef d'œuvre, Monsieur de Bougrelon.

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Mathieu Goux

Figures III (1972, Gérard Genette)

Jusqu'à quel point doit-on s'imprégner de théorie pour apprécier un art ? Doit-on se plonger corps et âme dans tel universitaire nous parlant de peinture pour apprécier Le Caravage ou de tel autre pour être transporté par Liszt ou Zappa ? Doit-on avoir parcouru Figures III pour aimer la Littérature ?

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Mathieu Goux

Poèmes antiques et modernes (1826, Alfred de Vigny)

Il y a des œuvres qui ne peuvent se goûter que lorsque le cœur et l'âme sont disposés de façons idoines : les lit-on trop tôt ou trop tard, et elles passent comme la neige de mars. Il n'y a de coups de foudre que de hasard, et l'on peut se gaver que de trop manger. Alfred de Vigny est l'auteur de l'une de celles-ci me concernant : et j'ai redécouvert, frappé de tonnerre, une pièce maîtresse à présent de mes favorites.

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Mathieu Goux

L'homme révolté (1951, Albert Camus)

Les vacances que j'ai pu passer au soleil me furent doublement profitables : tout d'abord, le repos apporté m'a permis de commencer sereinement cette nouvelle année « scolaire  », si l'on peut dire ; ensuite, elles m'ont permis de me plonger dans une œuvre connue mais que je n'avais jusqu'à présent jamais eu le temps de lire, L'homme révolté, essai philosophique d'Albert Camus.

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Mathieu Goux

La société du spectacle (1967, Guy Debord)

J'ai dans l'intime conviction qu'il est toujours possible de réduire, et pour ainsi dire de résoudre, l'énigme que serait la Littérature à une seule et unique conception, décrite avec génie par ailleurs dans 1984 : « Les meilleurs livres sont ceux qui vous apprennent ce que vous savez déjà  » (The best books... are those that tell you what you know already). Et je ne peux m'empêcher, en relisant pour la deuxième ou troisième fois La société du spectacle, qu'Orwell avait décidément raison.

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Mathieu Goux

Les Essais (1580 - 1588, Montaigne)

J'ai toujours pensé que l'objet de la Littérature n'était jamais que de parler de soi ; et sans aller jusqu'aux études de Sainte-Beuve, l'on peut toujours se rabattre, toutes proportions gardées bien entendu, sur des considérations autobiographiques pour mieux pénétrer un texte quelconque. Mais lorsque ce texte ne propose rien de plus que l'analyse et la pesée d'une âme, il faut, pirouette impossible, s'ouvrir à l'univers pour pouvoir le comprendre.

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Mathieu Goux

Le Nom de la Rose (1980, Umberto Eco)

Publié le 06 février 2012 Littérature et café chaud De là, je pense que l'histoire de « polar médiéval » est relativement connu de tous. Afin de résoudre une série de meurtres mystérieux qui prirent place dans une abbaye bénédictine de Provence, un ancien inquisiteur, Guillaume…

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Mathieu Goux

Le bilan de l'intelligence (1935, Paul Valéry)

Petit billet aujourd'hui consacré à un petit texte, ce qui du reste n'enlève rien à la puissance de celui-ci. Je crois que c'est Orwell qui, dans 1984, statuait qu'un bon auteur était celui capable de vous apprendre ce que vous savez déjà. C'est un peu cette impression que j'ai eue en lisant cette conférence de Paul Valéry, sobrement intitulé Le bilan de l'intelligence.

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Mathieu Goux

L'Homme qui Rit (1869, Victor Hugo)

Je ne suis pas un afficionado de Victor Hugo. Je le dis sans honte : après avoir lu tous ses romans, toutes ses pièces de théâtre, tous ses recueils (et seulement une petite partie de ses autres travaux, essais et journaux), je peine à le ranger parmi mes auteurs français favoris. Je ne lui enlève rien de son mérite, de sa clairvoyance ; je remercie son engagement politique ; je recommande son style. Mais rien n'y fait, je ne vois en lui qu'un brillant auteur et non un génie comme je peux considérer Chateaubriand.

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Mathieu Goux

Alice's Adventures in Wonderland / Through the Looking-Glass (1865 / 1871, Lewis Carroll)

Vous êtes vous déjà amusés à établir, avec des amis ou des proches, des « classements de préférence  » ? Vous savez, l'on vous demande quels sont les trois livres, les trois films, les trois albums de musique que vous emporteriez sur une île déserte pour en profiter jusqu'à la fin des temps, et ce sans pouvoir en changer. Bien entendu, ces classements sont stupides et péremptoires et évoluent souvent d'une année sur l'autre. Pourtant, dans le domaine des Lettres, il est un ouvrage (ou plutôt deux) que je cite systématiquement en tête de liste : Alice's Adventure in Wonderland et Through the Looking-Glass, and What Alice Found There de Lewis Carroll.

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Mathieu Goux

Le Cid (1636, Pierre Corneille)

Jean Yanne, et d'autres, rappelait à juste titre que « les classiques, ce sont ces livres que tout le monde connaît mais que personne ne veut lire ». Je gage que, parmi les lecteurs de ce blog, peu ont lu cette pièce de Corneille, ou d'autres de lui tant il est tombé en désuétude face à d'autres auteurs, et notamment son éternel successeur, Jean Racine. Or, sans le savoir, tout un chacun connaît Le Cid.

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Mathieu Goux

Bérénice (1670, Jean Racine)

Je ne pouvais faire guère autrement que de parler de la pièce que je juge comme étant la plus touchée, la plus juste, la meilleure de toutes ; celle dont la lecture, hallucinée, alors que je n'étais qu'au collège, fit autant pour moi que tous les volumes de calculs différentiels réunis.

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Mathieu Goux

Un tombeau pour Boris Davidovitch : Sept chapitres d'une même histoire (1976, Danilo Kiš)

Un des bienfaits de l'université, outre le brassage incongru et hétéroclite d'une multitude de personnes plus ou moins intéressantes, plus ou moins aimantes, est de faire découvrir des oeuvres que l'on n'aurait jamais eu la bonne idée de lire, ou bien dans des années immémoriales ; et il y a de cela quelques années à présent, le trésor fut de taille, avec cette œuvre d'un auteur yougoslave qui mérite sincèrement que l'on s'y attarde, ne serait-ce que parce que la traduction est pour le moins élégante et fine, fait suffisamment rare pour le souligner : elle ne se fait absolument pas sentir.

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Mathieu Goux

Les mémoires d'Outre-Tombe (1848, François-René de Chateaubriand)

L'on peut pester contre les mémoires ou les autobiographies. Il est vrai qu'on accusa Rousseau, ou encore Leiris, de se complaire dans la confession macabre ou scabreuse ; il est vrai qu'on peut rétorquer à certains que l'exercice autobiographique est des plus égoïstes, mais, certes, pas autant que n'importe quel autre exercice littéraire.

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