Nulla Dies Sine Linea

Critiques de diverses petites choses, films, livres, bandes dessinées, jeux vidéo. Mise à jour (quasi-)hebdomadaire.

Mathieu Goux

Scrubs (2001 - 2010, Bill Lawrence)

Si je me souviens bien, il existait au Moyen-Âge quelque chose comme « la théorie des âges  ». Grossièrement, l'on se figurait la vie d'une personne comme un voyage que l'on effectuait dans un pays inconnu. Il était alors possible d'associer un endroit à un temps : la naissance et le début du trajet, l'enfance et l'exploration des alentours, l'âge adulte et les pérégrinations aventureuses, la vieillesse et le retour au bercail. J'aime à associer, à cette exploration géographique, une exploration culturelle : je l'ai dit auparavant, il est des œuvres d'enfant, il est des œuvres d'adulte. Scrubs me serait, ici, une œuvre d'adolescence et de transition.

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Mathieu Goux

Achille Talon (1963 - aujourd'hui, Greg & divers)

Les enfants, cela est connu, aiment à se représenter sous les traits de leur héros ou de leur héroïne et de vivre leurs aventures : un tel sera un super-héros, l'autre un guerrier interstellaire ou un pirate, autant de figures bravant mille périls et s'échappant de leur morne quotidien. Je ne devais pas être de tous ces autres, car mon idole, tout petit étais-je, s'appelait Achille Talon.

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Mathieu Goux

Killer Cuts (1994, Robin Beanland & Graeme Norgate)

La musique de jeu vidéo m'accompagne depuis longtemps, et ce n'est pas encore à présent que la chose s'arrêtera. Aussi, le billet du jour sera à nouveau consacré à une bande originale que j'aime énormément, pour son kitsch sans doute, et qui revendique jusqu'à la dernière note son appartenance à une pop-culture de bon aloi.

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Mathieu Goux

Ulysses (1922, James Joyce)

L'on croit souvent que les théories éclairent les œuvres, et c'est là l'un des arguments majeurs quant à l'existence de la critique littéraire. Certes ; mais il est aussi des livres irréductibles à toute espèce d'explication. Et quand bien même Gérard Genette, dont on aura parlé ailleurs et pour autre chose, se serait piqué de palimpsestes, ne considérer l'Ulysse de Joyce que comme un autre Ulysse, ce serait faire un affront à tous : à l'auteur, à la Littérature, et à l'humanité entière enfin.

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Mathieu Goux

Phantasmagoria (1995, Roberta Williams)

Il en va de l'histoire du jeu vidéo de toutes les autres : il est des vainqueurs, des vaincus et des oubliés, et davantage d'ailleurs des oubliées. Je ne sais s'il faut parler, ici, d'invisibilisées ; mais j'ai l'impression que l'on parle peu ou plus, dans le monde des point'n click, et d'une compagnie fondée par une femme, Sierra On-Line, et d'un jeu où l'on incarne une femme, Phantasmagoria. Que je me trompe ou non, profitons-en cependant pour parler un peu de cette œuvre, historique de bien des façons.

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Mathieu Goux

Ran (1985, Akira Kurosawa)

Il est des amours d'enfant, et il est des amours d'adulte ; et souvent, la beauté ne nous frappe qu'à un moment donné de notre existence, et non ailleurs. Trop tôt, ou trop tard, et tout s'enfuit : le goût est autant affaire de sens que de temps. Parfois, les bonheurs enfantins vieillissent mal ; parfois, les amours sereines se renforcent. Ran s'assourdit en moi, encore et encore, comme un écho violent qui ne cesse de rebondir et de parvenir à mes oreilles.

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Mathieu Goux

Lapinot et les carottes de Patagonie (1992, Lewis Trondheim)

On entend souvent parler de toute une génération d'auteurs, qui ferait partie de la « nouvelle vague  » de la bande dessinée. Parmi eux, j'ai évoqué précédemment Libon, avant encore Larcenet ; mais l'on considère souvent Lewis Trondheim comme le père, sinon consacré, du moins accompli, de ce nouvel élan qui frappa le média aux alentours des années 1990.

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Mathieu Goux

A few of my favorite things

La rentrée est loin encore, pourtant ; mais le travail me poursuit et, finalement, j'y retourne plus rapidement que je ne le croyais. Pour revenir alors en douceur, je vous propose quelque chose d'unique sur ce blog : un florilège de quelques morceaux, pistes, chansons... qui m'obsèdent ces derniers temps, de façon parfaitement désynchronisée et sans analyse poussée ou particulière : pour ainsi dire, voyons cela comme une sorte de playlist en cet estival moment, avec l'espoir, qui sait ?, de vous faire découvrir quelques belles choses.

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Mathieu Goux

Grammaire méthodique du français (1994, Martin Riegel, Jean-Christophe Pellat et René Rioul)

J'entends déjà les gorges chaudes : que vient faire un ouvrage de spécialité, qui plus est de grammaire, dans la catégorie « Littérature  » de ce blog ? Encore, poursuivent-elles, nous avons accepté, jadis, Figures III, car il y avait, au-delà du sujet, un vrai plaisir de conteur, une jouissance du verbe ; mais là, cette Grammaire méthodique du français, comme vous dites, que peut-on y trouver de romanesque, à part quelques citations à la sauvette ? Eh bien ! réponds-je. On y trouve tout le reste : et c'est déjà énorme.

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Mathieu Goux

I Wanna Be the Guy: The Movie: The Game (2007, Michael "Kayin" O'Reilly)

On prête à Franquin cette phrase que j'aime beaucoup par ailleurs : « nous sommes tous des débutants  ».Je joue régulièrement depuis mes six ans ; j'ai fait mes armes sur console, sur PC ; j'ai terminé des jeux de plates-formes, de simulation, de rôle, je me suis acharné, et j'ai acquis par là une constance que j'expliquais plus tôt. Je suis loin d'être mauvais ; mais devant I Wanna Be the Guy, je ne suis, effectivement, qu'un débutant de la manette.

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Mathieu Goux

Aladdin (1992, Disney)

Il est des absences qui ressemblent à des aveux. Depuis des cinq ans que ce blog existe, je n'avais jusqu'à présent jamais parlé de film d'animation Disney. Certes, j'ai évoqué Pixar ici, et j'ai parlé de Picsou par là ; mais rien concernant les « Grands Classiques  ». Ils m'ont suivi toute mon enfance pourtant et, même s'ils sont plus loin de moi à présent, ils m'attendrissent encore par un mélange savant de chansons, de nostalgie et de manichéisme. De tous, parlons d'Aladdin, qui se paie le luxe d'avoir été le premier.

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Mathieu Goux

La Nef des fous (1993 - 2009, Turf)

Il est une phrase de Proust, entendue je ne sais où, retenue je ne sais comment, qui m'a toujours intrigué. En substance, elle disait quelque chose comme « j'aime être concentré, même dans la longueur  ». Quelque part, je pense que cela irait bien à cette longue série de Turf, connue d'un cercle d'initiés dans lequel j'ai pu être, à la faveur d'une bienveillante boucle rousse, initié. Voici venir La Nef des fous, à l'influence que je me plais à croire immense même s'il m'est difficile, ici, de réellement l'évaluer.

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Mathieu Goux

Beat the Beat: Rhythm Paradise (2012, Nintendo)

Dans L'Art du roman, Kundera évoque, rapidement, quelque chose qu'il prête à la musique classique et qu'il enlève au rock'n roll. Il dit ainsi que la symphonie, que les compositeurs, par leur harmonie et leur talent, effaçaient le rythme de l'existence. Le rock'n roll en revanche de le réintégrer et, nous dit-il encore, comme cela nous rappelle notre battement de cœur, de nous ramener à notre mortalité. Peut-être. Je préfère penser, quant à moi, qu'il nous fait sentir d'autant plus vivant même si, évidemment, la chute sera toujours là.

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Mathieu Goux

Les Règles de l'art (1992, Pierre Bourdieu)

En ce journal finalement très personnel qui prend néanmoins en compte son statut public, de la même façon que certaines correspondances d'alors profitaient aussi bien aux familiers qu'aux inconnus, je ne traite finalement que peu d'engagement. Certes, j'ai eu, par le passé, à défendre et à réhabiliter une œuvre ou l'autre, mais mon projet se place, comme qui dirait, sur un autre plan, plus sensible peut-être, plus intime encore, décontextualisé sans doute. J'ai le malheur de croire, comme dit un autre, bien plus fameux, que ce qui est bon ici est bon dans un ailleurs approchant. C'est alors pour défendre ce point de vue que je m'en vais parler de Bourdieu, étrangement non pour lui donner raison, mais pour dire qu'il n'a pas tort.

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Mathieu Goux

Super Meat Boy (2010, Team Meat)

Il y a de cela quelques temps, j'avais parlé, et assez sévèrement je dois dire, du jeu dont il est question cette semaine. Si je maintiens les défauts que je lui trouve et que je vais, par la suite, égrener encore, je m'en vais peut-être ici me faire l'avocat du diable ou, tout du moins, les envisager comme des qualités. Car refaisant le jeu depuis, le temps passant, l'âge allant, je me suis sans doute adouci.

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Mathieu Goux

Porco Rosso (1992, Hayao Miyazaki)

Il y a de cela longtemps, assez longtemps même, j'avais parlé de Mon Voisin Totoro, chef d'œuvre du studio Ghibli et qui reste sans doute l'un de mes films favoris, tous genres confondus. Au sein de cette « constellation  », si je me surprends à me citer, il est un autre film d'animation qui sait me transporter on ne peut plus loin et ce bien que son style, son propos, ses ambitions soient profondément distincts de ce dernier : ce film, c'est Porco Rosso, dont jamais je ne me lasse.

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Mathieu Goux

Idées Noires (1977 - 1983, Franquin)

Je sais, pour avoir souvent été en cette position, que nous ne sommes jamais autant géniaux qu'en période de noirceur, de dépression, d'envies suicidaires. Il est là comme un interrupteur secret de l'esprit qui s'active et au moment idoine, et qui ouvre la porte vers un monde inédit. Laissons, comme le faisait jadis Baudelaire, l'opium et les paradis artificiels aux impatients : une rupture, une maladie, un doute inspire davantage, et Franquin de s'en être souvenu.

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Mathieu Goux

Didier Super (né en 1973)

Un proverbe, plutôt un tour connu, affirme volontiers « punk is not dead  ». Je me range parfaitement derrière cette affirmation, ne serait-ce parce que le punk a toujours existé, des dandys magnifiques aux coiffures extravagantes de nos rues. Si l'on associe généralement ce mouvement avec la Grande-Bretagne, c'est oublier que la France ne fut pas la dernière à hurler : et Didier Super d'être, alors, l'un de ses plus récents représentants.

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Mathieu Goux

Exercices de style (1947, Raymond Queneau)

À de très rares exceptions près, je suis plus volontiers porté en Littérature sur la forme que sur le fond. Je peux certes prendre plaisir à suivre un roman, et à découvrir ce pourquoi la Marquise sortit à cinq heures et qui a tué le capitaine ; mais je pense que si un auteur prenait la peine de m'écrire le bottin avec une force évocatoire et stylistique démesurée, je m'y accrocherais comme si c'était le plus grand des chefs d'œuvre. Raymond Queneau de venir alors, et de rire de mes penchants.

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Mathieu Goux

Ristar (1995, Sonic Team)

 
Je suis attaché à une tradition que d'aucuns nomment « ancienne  » du jeu vidéo. J'ai été élevé, surtout, avec les consoles 16 et 64 bits, et Nintendo en particulier, et mon enfance a été parcourue qui par Mario, qui par Zelda, qui par Donkey Kong. Ce sont des jeux que l'on appelle encore « blue sky  », où la joie représentée est proportionnelle au plaisir de jeu. Ristar, des créateurs de Sonic, dégage alors aujourd'hui comme hier une énergie qui ne peut que me plaire.

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