Mario Kart 64 (1996, Nintendo)

Est-ce parce que de grands progrès ont été faits dans la décompilation de la console, est-ce parce que la nostalgie me prend par vagues de trente ans, est-ce pour autre chose encore ; mais la N64 m'appelle en ce moment. C'était une console étrange pour son temps, mais à l'influence déterminante ; et elle a représenté, pour ma génération, le futur du jeu vidéo tel qu'il devait être, tel qu'il a été pendant un temps, avant que les consoles suivantes ne redéfinissent les priorités et fassent perdre, à mon goût, ce qui m'avait tant plu alors.
Super Mario 64 et Banjo-Kazooie étaient pour moi l'excellence de la plate-forme, j'y ai passé un temps fou. Ocarina of Time redéfinissait l'aventure, et j'en ai vanté ici-même les mérites à plusieurs niveaux. Wave Race 64 m'éblouissait de ses effets d'eau d'un réalisme — à l'époque — incroyable. Et puis, il y a eu Mario Kart 64. Il a fait partie des premiers jeux que j'achetai pour la console, en passant à côté de Pilotwings 64 qui ne m'intéressait pas vraiment.

Je connaissais un peu Super Mario Kart, que j'avais acquis quelques temps plus tôt sur Super Nintendo mais j'avais du mal, alors, à aller bien loin. Ses effets de profondeur, sa vitesse, m'avaient époustouflé et je m'attendais à retrouver ça, et davantage encore, dans ce premier épisode en trois dimensions dont les images, dans les magazines, m'avaient là encore fait forte impression. J'avais là encore du mal à progresser mais, au moins, je savais avancer ; du moins, je parvenais à terminer les premières coupes en mode facile, ce qui était suffisant pour persévérer.
Rapidement cependant, je me heurtais à un mur. J'allais alors ailleurs et, à l'instar des autres jeux de la console, on pouvait s'amuser sans s'en rendre compte, on explorait sans mal, on faisait toujours des découvertes. Dans un circuit, j'explorais les jardins du château de Peach, en regrettant de ne pouvoir y rentrer. Ailleurs, je m'amusais à pourchasser une locomotive, ou j'allais à contre-sens sur l'autoroute. J'explorais tous les chemins du labyrinthe de Yoshi, en essayant de déterminer la voie la plus rapide.

J'avais encore, à l'école, quelques amis et quelques copines qui jouaient un peu, même si moins que moi. La N64, la Playstation aussi, s'étaient mieux invitées dans les salons que les Super Nintendo, les Megadrive ou les Neo-Geo et cette révolution culturelle prenait gentiment de l'ampleur. On venait ainsi parfois jouer un peu, à GoldenEye 007, à Super Smash Bros., à Mario Kart 64. On coursait, mais surtout on se battait : j'ai fait quelques matchs à trois ou quatre, et je confirme que la chose est belle et drôle.
Finalement, je reviens encore à Mario Kart 64 et ce même si, je pense, Mario Kart DS et Mario Kart 8 surtout m'ont davantage plu, et même si j'ai passé sur ces derniers davantage de temps. Mais malgré ses défauts, ses adversaires tricheurs en priorité, ses graphismes parfois limités, sa physique encore perfectible, ce jeu a encore le goût inégalable du futur passé, et des promesses de l'an 2000.



